Une rencontre, des gestes, une inspiration.

Comment passer d’une boule de terre à un chat en céramique ?

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La rencontre

Au départ, Kaolou a rencontré l’argile. Contact physique envoutant, avec cette matière présente sur Terre depuis des millénaires. Toutes les poteries sont en argile. Il en existe une grande variété. Cela dépend des minéraux qu’ils contiennent. Kaolou utilise des terres à grès et à faïence.

Le temps long

La poterie, c’est l’art du temps long. Apprendre à malaxer la terre, juste le temps qu’il faut, pour qu’elle ne sèche pas trop. Apprendre à enlever toutes les bulles d’air, pour éviter une fissure dans une pièce lors des prochaines étapes.

Apprendre à modeler la terre. Lui faire prendre une forme sous ses doigts. Faire appel à sa créativité et entrainer ses mains. Trouver un juste équilibre entre ce que propose l’imagination et ce qui est réellement faisable.

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Tu ne peux cacher tes pensees

C’est aussi apprendre à tourner. Utiliser un tour, machine ancestrale qui permet, grâce à la force centrifuge, de donner vie à la terre. Une boule informe devient vase, assiette, pot, verre d’eau. Là aussi, c’est le temps long. Celui de l’apprentissage.

La terre lit les émotions. L’agitation va créer des failles dans la pièce de terre, la sérénité va libérer le geste et donner de la justesse aux doigts. La précipitation est l’ennemi de la poterie. L’énergie dans laquelle la terre est façonnée se retrouve dans l’esprit de la pièce, elle lui donne son identité.

Ensuite, le séchage. Là, c’est un effort de patience. Rien ne peut accélérer ce processus. La terre doit sécher à la bonne vitesse, sinon, elle se fissure.

Raconter une histoire

Puis il s’agit de faire un choix : décorer les pièces avec de l’engobe ou les cuire une première fois pour pouvoir les émailler. Kaolou utilise les deux techniques.

Démarrons par l’engobe. À ce moment, la terre est légèrement humide, ce qui lui donne une texture semblable au cuir. Mélange de pigment et de terre, l’engobe permet de colorer la céramique. Kaolou l’applique avec des pinceaux.

C’est affaire de précision et de tranquillité. Chacun y laisse s’exprimer son âme. Kaolou explore des motifs chinés au grès de ses voyages. Les formes et leurs multiples possibilités fascinent Kaolou. Une fois la terre parée de jolies couleurs, elle est prête pour une première cuisson.

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Devenir solide

C’est le moment de cuire les pièces décorées avec de l’engobe et les pièces sans engobe (qui seront émaillées après la cuisson). Là aussi, c’est tout un art. Les températures s’enchainent par paliers, pour respecter la terre et ses contraintes. À chaque fin de cuisson, c’est la surprise : comment ont réagi les pièces ? Se sont-elles fendillées ? Certaines terres changent de couleur en cuisant. Laissez-moi vous dire que ce processus a quelque chose de magique.

Attendre que le four soit plein pour lancer la cuisson, c’est un engagement de Kaolou, pour éviter d’utiliser trop d’électricité pour trop peu de pièces. Chaque petit engagement écologique compte.

Après cette première cuisson, Kaolou sort avec excitation les pièces du four.

Colorer et faire briller

Les pièces sans engobe sont destinées à être émaillées avec des émaux colorés. Les émaux sont des poudres mélangées à de l’eau qui colorent une pièce de terre. Il en existe de multiples couleurs. Kaolou les choisit avec soin. Elle fait attention à leur provenance et à leur composition. Car les émaux sont dangereux, ils peuvent polluer l’eau ou contenir des matières nocives pour la santé. Pour la vaisselle, son choix se porte sur des émaux alimentaires. Kaolou pourrait fabriquer ses émaux, mais ce n’est pas ce qui lui procure le plus de plaisir pour l’instant.

Les pièces préalablement décorées avec de l’engobe sont enduites d’un émail transparent. Cela va leur donner un bel aspect brillant.

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Pensez-vous que c’est fini ?

Non, toujours pas. Je vous l’ai dit, la poterie, c’est le temps long.

Pour qu’une poterie soit solide et que l’émail soit bien vitrifié, il faut la cuire une seconde fois. Là aussi, il y a des courbes de température à respecter. Patience, curiosité et hâte d’ouvrir le four pour découvrir les pièces. Ce moment est beau et réjouissant.

Une fois cuit, l’émail transparent révèle toutes les couleurs des engobes. Les émaux colorés réservent de belles surprises : ce vert plus foncé que prévu, ce bol aux reflets bleus inattendus.

D’echecs en reussites

Il y a aussi des échecs. Cette tasse presque noire, car l’émail a trop chauffé, ce vase fendu en deux.

La poterie apprend à Kaolou à côtoyer l’échec. Oui, elle a passé 6 heures sur cette pièce qui vient de se fendre à la cuisson. C’est ainsi. Là, elle décide : accepter l’échec ou laisser tomber. Alors, elle accepte. Les échecs lui enseignent qu’avec de la persévérance et de la patience, ils se transforment en réussites.

La ceramique prend vie

Kaolou s’émerveille de ce processus. Toujours pareil et toujours différent, car chaque terre, chaque émail, chaque geste peut tout changer.

Des techniques pour faire de la poterie, il en existe plein d’autres. Kaolou a fait des choix, en fonction de ce qu’elle aime. Fascinée par l’étendue des possibilités, il est probable qu’elle s’essaye à d’autres techniques. C’est cette passion pour la découverte qui fait de l’univers de Kaolou un espace mouvant et curieux. 

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L’aventure commence !

Kaolou sélectionne les plus belles pièces. Les assiettes accueilleront les frites du dimanche, les coupelles, des faisselles avec de la confiture, les vases, d’odorantes fleurs fraiches.

Ça y est, leur vie va commencer. Toutes ces poteries vont rencontrer leurs futur·es propriétaires. Vous, peut-être ?